Dette cachée au Sénégal : une crise de gouvernance, mais pas une fuite de capitaux

C’est une douche froide qui a saisi les observateurs économiques à Dakar et à Washington ces derniers mois. La révélation par le FMI d’une dette publique réelle pouvant atteindre 132 % du PIB, dopée par une dette cachée estimée à 16 % du PIB, a fait craindre le pire. Le chef de mission du Fonds évoquait même n’avoir « jamais vu une dette cachée de cette ampleur » en Afrique. Pourtant, à y regarder de plus près, la panique n’a pas lieu d’être. Si les chiffres sont vertigineux, la structure même de cette dette et la nature des créanciers racontent une histoire bien plus nuancée : celle d’un pays qui a investi à marche forcée, au prix d’une opacité coupable, mais qui n’est pas en faillite structurelle.

Des milliards invisibles… pour des infrastructures bien réelles

Contrairement à d’autres scandales financiers africains récents, où la dette cachée finançait des équipements militaires fantômes ou des montages offshore douteux, le cas sénégalais semble relever d’une frénésie d’investissement mal comptabilisée. L’analyse des données du Finance for Development Lab (FinDevLab) est formelle : sauf pour l’année 2023, la majorité de cette dette cachée ne correspond pas à des « projets secrets », mais à des décaissements non déclarés liés à des projets d’infrastructures connus et validés.

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